Mon nom à moi(s)

par Félix Oliot | le 12 janvier 2015

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Printemps des marques

Si l’on vous dit « avril », il y a de grandes chances que vous nous répondiez ‘printemps’, ‘floraison’, ‘poisson’ ou peut-être même ‘Lavigne’ (on ne vous juge pas). Eh bien, sachez que dorénavant, vous pourrez aussi associer ce mois de l’année à la richesse de l’agro-industrie française. En effet, le géant Sofiproteol, chef de file sur le marché des huiles de tables, des œufs ou encore des biocarburants oléagineux, a choisi d’emprunter le nom du quatrième mois du calendrier. Avril, tout simplement. Le renouveau, le cycle de la nature, la simplicité, etc., autant de notions indirectement suggérées.

1081094_sofiproteol-se-rebaptise-avril-et-change-de-gouvernance-web-tete-0204062122612Naturellement, on pense alors au groupe Mars et on se dit que ces deux-là seront faits pour s’entendre, en tous cas en France. Même si, reconnaissons-le, ce dernier n’a pas tiré son nom du premier mois printanier, ni même de la planète rouge ni de la mythologie romaine, mais bien du patronyme de ses deux fondateurs, les frères Frank et Ethel Mars. Les fashionistas anglophiles penseront quant à eux à April 77. Bref, la liste serait longue.

Toujours est-t-il que les mois du calendrier présentent l’avantage d’offrir un potentiel d’évocations prégnant. Preuve en est le nombre de dépôts de marques enregistrés à l’INPI comportant au moins un terme relatif  à un mois.

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Avec 22 antériorités dans les 45 classes de Nice, novembre et décembre sont les mois les moins plébiscités par les déposants. Fin de l’année, froid, baisse de la luminosité, augmentation des suicides… les raisons de leur manque d’attractivité peuvent être nombreuses.

Au contraire, mars, avril et mai bénéficient d’un engouement certain. L’univers sémantique du printemps, symbole de renaissance, de réinvention et de croissance, séduit. Ajoutons néanmoins  que la polysémie de ces termes participe à leur diffusion. Mars avec les différents sens que l’on connaît, mais aussi mai, qui signifie par exemple « jamais » en italien ou « plus » en roumain (multo mai).

Donc même si le concept n’est pas nouveau ni innovant, un peu de poésie n’a jamais fait de mal, surtout en ces temps.