Le mot #47 : rogomme

par Marjorie Bachot | le 17 février 2016

40-chats-qui-ont-vraiment-abuse-de-lalcool-31935

Nous avons exhumé un mot assez peu usité, on vous l’accorde, mais cet ovni trouvera aisément sa place dans votre vocabulaire quotidien, ça ne fait aucun doute. D’après le CNRTL (Centre Nationale de la Recherche Textuelle et Lexicale – CNRS), sa source étymologique est inconnue. On trouve le terme pour la première fois au XVIIe, il serait un dérivé du substantif rogum « liqueur alcoolique quelconque », mot qui serait lui-même issu de la rencontre de rhum et de gomme « sirop de sucre ».

Rogomme signifie ainsi « rauque, rude, revêche », et c’est le plus souvent dans l’expression « voix de rogomme » qu’on l’emploie pour parler d’une « voix éraillée, enrouée, d’une voix d’ivrogne ». Vous savez, cette fameuse voix de lendemain de fête totalement surréaliste qui résume à elle-seule le forfait commis… On vous avez dit que rogomme vous parlerait bien plus que vous ne l’imaginiez au départ !

Rogomme a naturellement généré plusieurs mots dérivés :

– l’adjectif rogommeux, -euse  [En parlant d’une voix, de ses inflexions] Rauque, enroué, éraillé par l’abus d’alcool. Voix rogommeuse. « La grande dame (…) dont la voix, quoique déguisée, apportait à son oreille des sons rogommeux » (Balzac, Splend. et mis., 1847, p. 572).

– le substantif rogom(m)iste (rogomiste, rogommiste), marchand d’eaux-de-vie et de liqueurs ; celui qui tient un débit de boissons.

PS : l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, il donne aussi une voix rogommeuse.