Quels noms pour les futures régions ?

par Félix Oliot | le 2 février 2016

A peine élus, les présidents des 12 régions nouvellement constituées par la loi du 16 janvier 2015 planchent sur les appellations de leur territoire et de leurs administrés.

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Pour eux, c’est facile

Il y en a pour qui la tâche est simple : la Bretagne, la Corse, les Pays de la Loire, Provence Alpes Côte d’azur et l’Île-de-France par exemple, n’ont pas été affectées par ce redécoupage territorial. Ces six-là conserveront donc leur nom. La région Centre, qui regroupe le Berry, l’Orléanais et la Touraine, n’a pas évolué mais a choisi d’adopter une dénomination plus représentative de sa diversité géographique : Centre Val de Loire. Un nouveau nom qui permet d’évoquer les richesses du patrimoine local et de guider les quelques 4 millions de personnes qui visitent chaque année les Châteaux de la Loire.

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Simplicité encore, la fusion des feues Haute et Basse-Normandie, donnera selon toutes vraisemblances naissance à la Normandie. Les nouvelles « super régions » n’ont toutefois pas toutes un dénominateur commun aussi évident. C’est par exemple le cas de l’Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, regroupant des territoires finalement assez différents les uns des autres.

La tentation de l’acronyme

Pour simplifier le processus et fédérer l’ensemble des ex-collectivités, il peut être tentant pour les conseils régionaux de conserver dans la nouvelle appellation l’ensemble des termes des anciennes régions, quitte à laisser s’installer un acronyme dans le langage courant. Par exemple, Auvergne-Rhône Alpes restera sauf surprise le nom de ce territoire nouvellement formé. Une dénomination qui s’offre le luxe de proposer un acronyme lexicalisé aux sonorités agréables, AURA.

Mais conserver toutes les dénominations des entités fédérées peut très vite devenir intenable. l’Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine en a conscience et a lancé fin janvier une démarche citoyenne pour tenter de trouver une alternative.

L’acronyme possède lui aussi ses détracteurs. En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées par exemple, on s’en passerait bien. Une consultation sera prochainement organisée auprès du grand public mais il semblerait d’ores et déjà  que « l’Occitanie » plaise aux administrés. Se pose alors la question de la légitimité d’une appellation qui désignait historiquement une réalité géographique plus large allant de la Côte d’Azur à l’Aquitaine.

L’Aquitaine-Poitou-Charente-Limousin est confrontée à une problématique semblable. Faut-il valoriser le terme « Aquitaine », en lui apposant un qualificatif marqueur de l’évolution de la région (la « Grande Aquitaine », « La nouvelle Aquitaine »), au risque de prendre quelques libertés avec la géographie, ou faut-il ouvrir davantage le champ d’évocation avec un nom plus englobant comme « Sud-Ouest » ou « « Atlantique » ? Le président du conseil général n’a pas encore tranché. Il est néanmoins probable qu’il ne s’oriente pas vers l’acronyme « APOIL » proposé par une facétieuse entreprise de la vienne.

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Le juste équilibre entre un nom cohérent avec l’histoire du territoire, mémorisable, aisément prononçable par tous les publics (nationaux comme étrangers) et qui satisfasse le plus grand nombre est donc, on l’aura compris, assez difficile à trouver. Il faudra néanmoins faire vite : les conseils régionaux ont jusqu’au 1er octobre 2016 pour entériner le nom de leur nouvelle entité.

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Wladyslaw – Wikipédia