Sésame, livre-moi !

par Félix Oliot | le 9 décembre 2015

Si vous êtes parisien et que vous prenez le métro régulièrement, vous n’avez pas pu échapper à leurs publicités en 4×3 invitant à vous faire livrer votre déjeuner ou votre repas du soir.

Deliveroo, Alloresto ou encore Foodora mènent depuis plusieurs mois une lutte acharnée pour devenir les référents d’un marché en plein essor, celui de la livraison de repas. Fini le temps où, tenaillé par une faim perfide et désarmé face à un frigo désespérément vide, le glouton n’avait comme seules alternatives que les traditionnels pizzas ou sushis. Des burgers, aux spécialités thaïlandaises en passant par les plats gluten free, tout est désormais livrable grâce à un savant mélange d’algorithmes et d’huile de coude auto-employée.

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Alloresto a été l’un des premiers à émerger sur ce marché en France. Filiale du danois « Just eat », il propose de livrer nos restaurants préférés grâce à des coursiers en scooters. On vous le concède, son nom reflète un léger manque d’inspiration, mais la stratégie naming globale du groupe est intéressante. A l’instar du Bon Coin ou des glaces Miko, le groupe a choisi d’adapter son nom en fonction de ses marchés. Just eat dans les pays nordiques, en Angleterre mais aussi en Italie, Alloresto en France, Sin Delantal au Mexique ou encore Restaurante Web au Brésil. Un moyen de minimiser les risques liés aux différences culturelles.

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Deliveroo et Foodora, qui livrent tous les deux à vélos, sont respectivement originaires d’Angleterre et d’Allemagne. Des noms internationaux, évocateurs pour l’un de la livraison et pour l’autre de l’univers alimentaire, et qui se transposent finalement sans difficulté en France.

Citons également les français de PopChef (là encore on a une curieuse sensation de « déjà vu » !), qui vantent une livraison en 15 minutes d’un plat préalablement préparé par leurs soins. Racines françaises et tonalité connivente dans le nom aussi pour TakeEatEasy, qui s’inscrit davantage dans la lignée des Deliveroo et Foodora, promettant de nous livrer les « meilleurs restaurants » en une trentaine de minutes.

Le géant américain Uber a également flairé le bon filon et propose depuis quelques mois un service de livraison de repas baptisé UberEats. Les Pages Jaunes, notre géant à nous, lui a emboîté le pas en renommant sa filiale Chronoresto, Pages Jaunes Resto. Ce dernier est probablement l’acteur dont on entend le moins parler en ce moment, mais nul doute que s’il s’appuyait davantage sur la popularité du site historique (en communiquant sur la page d’accueil par exemple), il parviendrait à rattraper son « retard » sur les autres acteurs.

Par curiosité, parce qu’il pleuvait ou tout simplement parce que c’était bien pratique, on s’est laissé tenter par trois d’entre eux : Deliveroo, Alloresto et PopChef. Tous ont tenu leurs promesses de simplicité de commande et de rapidité dans la livraison. Mention spéciale pour les deux premiers qui permettent de commander auprès de restaurants ou d’enseignes exotiques un peu plus éloignés géographiquement et vers lesquels on n’aurait pas eu le courage de marcher.

Crédits photos :

http://www.josianefaitdelapub.com/alloresto/

Mark Turnauckas / Flickr