Vélib’ et compagnie

par Maurice Dupont | le 4 novembre 2008

Le déplacement urbain en vélo est dans l’air du temps, notamment sous la forme du « vélopartage ». Ce néologisme désigne le concept de vélos partagés, c’est-à-dire de mise à disposition gratuitement (ou non) de vélos pour le déplacement urbain.

Le vélopartage s’est développé sous différentes formes. Premier exemple, celui des Bycyklen de Copenhague : là, les vélos sont associés à une zone de la ville et n’en doivent pas sortir. Ils sont financés par la publicité. L’utilisateur emprunte le vélo comme l’on emprunte un caddie de supermarché : en utilisant une pièce pour débloquer le cadenas. Un second exemple est celui du cyclocity de JCDecaux, groupe français spécialisé dans l’équipement urbain. Le cyclocity équipe plusieurs villes de France et nous allons nous intéresser aux noms qui lui sont donnés localement.

En 2005, le Vélo’v de Lyon est le premier cyclocity en France. Il faut attendre 2007 pour que le système se répande : le Vélib’ parisien, dont le nom a été créé par l’agence Nomen, naît en juillet de cette année-là, après le V’hello d’Aix-en-Provence. En septembre, Mulhouse et Besançon s’équipent de leur Vélocité. Puis en 2007 toujours, c’est Le Vélo de Marseille, le VélôToulouse, puis le Cy’clic à Rouen. Le Vélam d’Amiens et le Bicloo de Nantes apparaissent en 2008. Enfin, pour sortir des frontières de l’Hexagone, Luxembourg s’équipe de Vel’oh en mars 2008.

Sauf à Nantes où le système tient son nom d’une déformation du terme populaire « bicloune », l’idée de vélo est exprimée soit indirectement en passant par l’idée de « cycle », soit directement. On constate alors trois cas : le terme vélo est repris soit phonétiquement et graphiquement (Vélo’v, VéloCité, Le Vélo) ; soit phonétiquement seulement (V’hello, Vel’oh) ; soit il est tronqué à sa première syllabe (Vélib’, Vélam). Dans la plupart des cas, le nom véhicule aussi une ou plusieurs idées additionnelles : dans VélôToulouse ou Vélam – où –am rappelle Amiens -, c’est par exemple un toponyme. Mais ce peut être aussi un avantage apporté par le vélopartage : VéloCité indique la ville comme lieu d’usage du vélo, mais promet aussi la vitesse de déplacement. Pour Paris, Nomen avait retenu la liberté (-lib’). Ce dernier nom a bien atteint son but puisque les médias l’utilisent plus fréquemment que celui de Cyclocity et font plutôt référence à lui qu’au Vélo’v lyonnais, malgré l’antériorité de celui-ci.

Le vélopartage se lance maintenant à la conquête du Nouveau Monde. Montréal prévoit de s’équiper dans l’année. Un concours a été lancé pour trouver le nouveau nom. Sont retenus BIXI, Bycik, MontVélo, VélO2 ou VillaVélo… Soumis aux votes, le nom élu sera connu mi-septembre.