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Les relations France – Chine sur le marché de l’automobile, entre alliance et concurrence.

par Lucie Naturel | le 6 novembre 2018

Le marché automobile français toujours attractif.

Le Mondial de l’auto s’est déroulé à Paris en octobre dernier et a rencontré un certain succès. Les véhicules électriques et hybrides étaient omniprésents, démontrant un intérêt certain du public pour les véhicules de demain. Malgré l’absence remarquée de quelques grands constructeurs, les visiteurs ont pu rencontrer des petits nouveaux dans le secteur, dont la marque chinoise GAC (Guangzhou Automobile Group).

Le constructeur chinois a fait ses débuts en 1985 auprès du français Peugeot à Canton. La marque est aujourd’hui déployée au Moyen Orient et en Afrique, et compte bien s’étendre en Russie et en Europe d’ici l’année prochaine. Mais quelle stratégie adopter quand on est encore inconnu sur le marché ? Comment se différencier de ces concurrents sur un marché relativement saturé ? La réponse est assez simple : GAC veut s’imposer en tant que vendeur de véhicules hybrides et électriques en commençant par conquérir un marché de niche. Car en effet, la Chine est bel et bien l’actuel leader en matière de voitures vertes. Face aux villes congestionnées et polluées, la fiscalité chinoise a pris la décision d’avantager les voitures électriques ou hybrides.

Néanmoins, l’heure est encore à la réflexion pour le constructeur GAC. Bien qu’aucune date de commercialisation ne soit encore annoncée, la première étape de leur stratégie commerciale est de se faire connaitre aux yeux du public français, par exemple, en adaptant les véhicules aux normes environnementales européennes.

Toutefois, les constructeurs chinois ont bien du fil à retordre car les Français – et plus largement les Européens – sont peu enclin à acheter des véhicules design in China.  On se souvient de Qoros qui en mars 2013 a présenté trois modèles en grande pompe au salon international de Genève. Un an et une cinquantaine de modèles vendus plus tard, Qoros se repliait sur son marché national.

La marque Lynk & co souhaite également vendre ses véhicules sur le marché européen. Contrairement à Qoros, le constructeur chinois possède une aide sur place en la personne de Volvo, son partenaire suédois. L’atout de la marque est de mettre en avant de nouvelles technologies, comme les véhicules hyper connectés. Cette marque est développée par Geely, soit l’un des plus grands groupes chinois en matière de voiture.

Mais la route est encore longue avant que les amoureux des 2CV, des 4L, et Clio ne se tournent vers les modèles de l’Empire du Milieu.

 

Les Français en Chine – Quelle est la place des constructeurs de l’Hexagone ?

En Chine le marché de l’automobile connaît une croissance exponentielle depuis quinze ans. Pour la seule année 2017, 25 millions de véhicules neufs ont été mis en circulation. Au total, 185 millions de véhicules arpentent les routes chinoises. Ces chiffres, qui donnent le tournis, s’expliquent entre autres par la montée en puissance de la classe moyenne et par le symbole de réussite sociale que représente la possession d’un véhicule personnel.

Les constructeurs français ont participé à cet engouement. Afin de s’implanter en Chine, les concessionnaires devaient obligatoirement trouver un partenaire local. Ce mariage forcé a été bénéfique aux marques chinoises : elles ont pu gagner en compétence auprès des constructeurs français. Aujourd’hui, bon nombre de marques se sont émancipées grâce à un rapport qualité prix souvent imbattable. Par exemple, PSA fût un des premiers en 1985 à se lancer sur le marché chinois en installant une usine Peugeot à Canton, avec la compagnie chinoise Guangzhou Automobile Group Company, soit GAC.

La montée en puissance des marques chinoises sur leur propre territoire est également expliquée par le consommateur chinois. Il semblerait que ce dernier soit de plus en plus exigeant, et qu’une simple adaptation des automobiles occidentales ne soit désormais plus suffisante. De plus, le bond de qualité des voitures chinoises a pris de court les concurrents, notamment avec leurs véhicules à la pointe de la technologie, comme on l’a vu avec GAC ou encore Lynk & Co.

Mais les Français ne comptent pas en rester là. Si la puissance des constructeurs de l’Hexagone s’est enrayée depuis quelques années, le groupe Renault a néanmoins renoué avec la croissance  sur place grâce à la Kadjar et à la Captur. La C5 Aircross, un SUV de la marque Citroën plaît également à la Chine.

Enfin, Renault avec son allié DongFeng (également premier actionnaire chez Peugeot,) veut s’imposer sur le marché chinois d’ici 2019 avec la Kwid ZE, une voiture électrique à moins de 10 000 euros.

Affaire à suivre …

 

Crédits photos :

caradisiac.com/psa

Caradisiac.com/gac-motor-gs5

Engadget.com/lynk-and-co

Newzilla.net/

actudaily.com/renault-k-ze