Le mot #46 : margoulette

par Marjorie Bachot | le 1 février 2016

UNEmargou

Petite réminiscence de la cour de récré… Quand avez-vous prononcé ce mot la dernière fois ? Ouch! ça fait mal, oui, le temps passe inexorablement. Au mieux, si vous avez des enfants en bas âge, vous les avez entendu dire « je me suis cassé la margoulette »… et encore, ce mot aux consonances désuètes n’a peut-être pas le potentiel d’être transgénérationnel ni de se transmettre tranquilou, ni vu ni connu.

Pour la petite histoire, margoulette aurait vu le jour au XVIIIe siècle, et serait probablement tiré de l’ancien margouiller (« mâchonner ») et de goulette, diminutif de l’ancien goule (« gueule »). La margoulette désigne donc la mâchoire et par procédé métonymique le visage. Curieusement il n’est majoritairement employé que dans la fameuse expression « se casser la margoulette », le mystère reste complet sur cet usage prédominant.

Au risque de décevoir certains accros de l’étymologie, il n’y a aucun rapport avec le margoulin, contre toute attente. Car margoulin est issu du patois dans le Bas-Maine margouline signifiant « bonnet », accessoire que vendaient les femmes de bourg en bourg (on dit alors margouliner). D’où la signification de petit patron et le glissement sémantique progressif vers un marchand peu scrupuleux.

Allez, un vœu pieux : réhabilitons la margoulette et faisons en sorte qu’elle ne soit pas que cassée !